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Érôs au Moyen Âge

Amour, désir et délectation morose

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  • 221 pages
  • 8 hours of reading

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Cette étude établit, sur le problème du plaisir, un parallèle entre les conceptions des théologiens et l'érotique des troubadours au début du XIIIe siècle. Les premiers considèrent alors le désir comme étant déjà habité, sinon corrompu, par un authentique plaisir, contrairement à ce qu'enseignaient les philosophes grecs. Et ils désignent cette expérience psychique par l'expression « delectatio morosa » (où l'épithète « morosa » n'a rien à voir avec la morosité moderne, mais évoque, par une autre étymologie, la complaisance qui s'attarde à savourer le plaisir inhérent au désir lui-même). Or c'est bien une telle délectation, mais portée à l'extrême, qui caractérise les délices que l'amant courtois goûte fantasmatiquement dans la longue désirance de sa Dame interdite et inaccessible. Ainsi, quand le Moyen Âge découvre les pouvoirs érotiques ou, tout le moins, hédonistes de l'imagination désirante, il anticipe de quelque façon certaines approches contemporaines, celle de la psychanalyse, par exemple, qui débouchent sur une théorie du fantasme.

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Érôs au Moyen Âge, Charles Baladier

Language
Released
1999
Binding
(Paperback),
Book condition
Good
Price
€120.99

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Title
Érôs au Moyen Âge
Subtitle
Amour, désir et délectation morose
Language
French
Publisher
Cerf
Released
1999
Format
Paperback
Pages
221
ISBN10
2204061069
ISBN13
9782204061063
Series
Categories
Description
Cette étude établit, sur le problème du plaisir, un parallèle entre les conceptions des théologiens et l'érotique des troubadours au début du XIIIe siècle. Les premiers considèrent alors le désir comme étant déjà habité, sinon corrompu, par un authentique plaisir, contrairement à ce qu'enseignaient les philosophes grecs. Et ils désignent cette expérience psychique par l'expression « delectatio morosa » (où l'épithète « morosa » n'a rien à voir avec la morosité moderne, mais évoque, par une autre étymologie, la complaisance qui s'attarde à savourer le plaisir inhérent au désir lui-même). Or c'est bien une telle délectation, mais portée à l'extrême, qui caractérise les délices que l'amant courtois goûte fantasmatiquement dans la longue désirance de sa Dame interdite et inaccessible. Ainsi, quand le Moyen Âge découvre les pouvoirs érotiques ou, tout le moins, hédonistes de l'imagination désirante, il anticipe de quelque façon certaines approches contemporaines, celle de la psychanalyse, par exemple, qui débouchent sur une théorie du fantasme.