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Gérard Macé

    Europe - novembre-décembre 2016 n° 1051-1052: L'opéra aujourd'hui
    Le Manteau de Fortuny
    Les Filles du feu - Les Chimères
    • Les Filles du feu - Les Chimères

      • 429 pages
      • 16 hours of reading

      Même en dehors de Sylvie, il y a chez Nerval une infusion omniprésente du souvenir, une chanson du temps passé qui s’envole et qui se dévide à partir des rappels même les plus ténus de naguère comme de jadis, et que je ne vois à aucun autre écrivain. Ce n’est pas une résurrection quasi hallucinatoire du passé, comme il arrive aux meilleurs moments de Proust, tout proches parfois de l’illusion de la fausse reconnaissance, c’est plutôt, évoqué dans sa prose par quelque sortilège, le contact d’aveugle qu’on éprouve en retrou-vant la maison et le jardin de son enfance. Comme si ce monde révolu était le seul endroit où, instinctivement, infailliblement Nerval s’y retrouve, et nous en convainc immédiatement.Julien Gracq.Un tel monde révolu est ce qui définit au plus près les œuvres ici réunies où se retrouvent à la fois le « rêveur en prose » et le poète des Odelettes et des Chimères. Les Petits châteaux de Bohême recomposent les âges de Nerval ; les Promenades et Souvenirs ne séparent pas le passé des lieux que l’écrivain traversa. Quant aux Filles du Feu, c’est sous le titre Amours perdues qu’il songea un moment à les publier. Comme souvent chez Nerval, ces différentes œuvres ne cessent pas d’être une quête.

      Les Filles du feu - Les Chimères
      3.9
    • Le Manteau de Fortuny

      • 120 pages
      • 5 hours of reading

      Dans ce livre, paru en 1987 chez Gallimard dans la collection « Le Chemin », Gérard Macé relit le grand œuvre de Proust en y suivant le fil du nom de Fortuny, célèbre couturier de Venise et seul artiste vivant qui figure dans La Recherche. Ce nom, et le manteau offert à Albertine par le narrateur (et dont le modèle figure sur un tableau de Carpaccio), va lui servir de Sésame pour une lumineuse et féconde méditation, où s’entretissent, comme dans un tissu oriental, les motifs du « manteau d’Albertine », de la robe « couleur du temps » de Peau d’Âne, le costume d’Esther et les voiles de Shéhérazade. Le manteau de Fortuny y devient tour à tour métaphore de la mémoire, ou du livre lui-même, dans lequel s’enveloppe son créateur. Le miracle, c’est que, sans pastiche aucun, Gérard Macé réussisse à se hisser à la hauteur du livre qui l’a fasciné, par la beauté de son écriture aussi bien que par la subtilité des échos qu’il y découvre et multiplie, et à nous donner un plaisir de lecture comparable à celui que nous avons pris à son modèle.

      Le Manteau de Fortuny