" Gbagbo a été capturé par les Français ". Le 11 avril 2011, l'annonce fait le tour des médias. Elle est aussitôt démentie par les autorités françaises, mais elle persiste encore de nos jours. Elle semble une si parfaite conclusion à une semaine de combats à Abidjan dont rien n'a filtré et à dix ans de relations tumultueuses entre le président ivoirien et la France. Pourtant la réalité est à la fois plus riche et plus complexe. Pendant quatre mois, tous les services de l’État, à l’Élysée, au Quai d'Orsay, aux finances, aux armées, à la DGSE, se sont employés à obliger Gbagbo à admettre sa défaite électorale face à Ouattara. Avec l'expérience des crises de 1999, 2002 et 2004, ils ont combiné leurs efforts pour que la parole ne soit donnée aux armes qu'en ultime recours. Se pencher sur les relations franco-ivoiriennes de ces quinze dernières années permet donc non seulement de révéler enfin l'ensemble de ces actions pour la plupart totalement inconnues à ce jour, mais de réfléchir à l'efficacité dont la France peut faire preuve quand elle est entièrement mobilisée pour une cause qu'elle estime juste.
Jean-Christophe Notin Books



Les guerriers sans nom
Immersion dans le monde confidentiel des forces spéciales
- 384 pages
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La guerre de la France au Mali
- 656 pages
- 23 hours of reading
L'engagement de l'armée française au Mali, débuté le 11 janvier 2013 avec l'opération Serval, est l'un des plus médiatisés de l'histoire récente, mais reste en grande partie mystérieux. Jean-Christophe Notin, à travers de nombreux témoignages inédits, éclaire les combats d'une intensité inédite depuis la guerre d'Algérie. Il montre que, durant les premiers jours, le sort de la bataille reposait sur le courage de quelques forces spéciales et de quelques bombardiers. L'auteur explore également le rôle des services de renseignement dans la traque des chefs djihadistes et leurs efforts pour retrouver des otages. Serval marque un retour à une guerre où les soldats occidentaux voient de près leurs ennemis. Dans l'Adrar des Ifoghas et à Gao, les Français affrontent les djihadistes à moins de cinq mètres, et le faible nombre de prisonniers témoigne de la détermination des deux camps. Notin analyse les causes et conséquences du fanatisme religieux au Sahel, soulignant la fermeté sans précédent du gouvernement français dans sa réponse. La pression exercée sur les généraux pour obtenir des résultats rapides est remarquable. En tant que première guerre contre le terrorisme menée par la France en Afrique, Serval représente un tournant dans la gestion des conflits.