Vincent est l'enfant du bonheur. Celui qu'Isa et Pétia ont su construire et protéger au coeur de Paris, malgré les rigueurs de la vie, malgré les mystères de l'exil. Isa est médecin, Pétia au chômage. Isa part travailler tous les matins, Pétia décline, sans y croire, les offres d'emploi du Figaro, en rêvant du roman qu'il n'écrira jamais, en poursuivant l'hypothétique traduction de l'oeuvre de Pouchkine, en sifflant un air d'opéra au cours de ses promenades quotidiennes dans un quartier qu'il a su apprivoiser. Au bout de ses pérégrinations et de sa liberté forcée, surgit une autre femme, Clémence, et soudain tout s'écroule, sous l'oeil grave du petit Vincent. La mort guette, plus tard, l'amoureux de Pouchkine et de Fauré... Sur un thème de tous les jours, de toutes les nuits, Anne Philipe, concertiste de l'impalpable, a écrit une variation pour piano seul. Sa narratrice, témoin d'un désastre ordinaire, ne juge pas, à peine explique-t-elle, captivée seulement par la puissance de la passion, l'innocence de l'enfant devant l'irrémédiable, et la certitude que le véritable amour ne se mesure pas à l'aune de la fidélité ou de l'infidélité mais de ce qui reste, indestructible, quand on a tout saccagé. Deux chats s'observent et se font les griffes dans les coulisses de ce roman où brille, sous un jour neuf, la prose tendue et féline de l'auteur d'Un été près de la mer.
Anne Philipe Book order (chronological)







Je l'écoute respirer - Texte intégral
- 160 pages
- 6 hours of reading
Dans une maison avec un jardin, où des chats errants insouciants et des oiseaux chantants rappellent que la vie continue, une femme est allongée sur son lit de mort. Elle a quatre-vingt-dix ans et possède une beauté qui n'est pas significativement altérée par les rides de son visage et la maladie qui s'installe lentement mais sûrement. C'est une femme avec une force intérieure, qui se reflète dans un simple soupir face à son chemin de souffrance. Anne Philipe, sa fille, est constamment attentive au bruit de sa respiration. La respiration de la femme, qui est sur le point de quitter la vie. Chaque meuble, chaque souvenir dans la maison évoque des souvenirs de sa jeunesse, de la forte sensation de bonheur qu'elle ressentait enfant près de sa mère, de la peur qu'elle avait déjà de perdre sa mère. À l'endroit où sa mère a respiré pour la dernière fois, le passé, le présent et le futur se rejoignent pour Anne Philipe, tandis qu'au loin, dans la vie palpitante de Paris, son petit-enfant nouveau-né commence à respirer.
Tocht naar Sian
- 136 pages
- 5 hours of reading
Verslag van een rondreis van twee weken door China in het voorjaar van 1979.
Du printemps à l'automne, entre deux équinoxes, au bord de la Méditerranée, deux femmes et un homme arrivent à un moment crucial de leur existence. Pour Louise, qui essaie d'écrire une histoire qui fut la sienne, c'est le temps du doute, de l'incertitude. Pour Cécile, atteinte d'un cancer, c'est l'imminence de la mort. Pour Adrien, la naissance d'un nouvel amour. À eux trois, ils présentent des façons d'être qui peuvent avoir été les nôtres, à quelque moment. La nature et son harmonie, le calme miraculeux des heures nocturnes, les arbres et la mer aident Anne Philipe à approfondir la méditation qui a toujours été la sienne. Elle sait ménager le silence, pour surprendre l'instant où naissent les choses, le premier regard entre deux êtres qui vont s'aimer, le moment où le souvenir remplace le bonheur. Mais Louise, Cécile, Adrien sont bien d'aujourd'hui. C'est avec une sensibilité contemporaine qu'ils affrontent les problèmes de l'amour, de la séparation, de la souffrance. Une musique s'élève de ces pages, de leur balancement entre la nostalgie et la réalité présente.
Ni roman, ni journal intime, ni récit de voyages, ce livre procède à la fois de tous ces genres. "Ici", "là-bas", "ailleurs" sont des lieux impondérables où se situe l'écrivain. Un intérieur proche du Sénat, la cour d'un immeuble, un ouvrier qui se tue en tombant de son échafaudage, une femme enceinte qui a peur, la guerre du Vietnam, une rencontre en U.R.S.S., un avortement, le désert du Tukestan et ses caravanes, etc., sont autant de repères dramatiques, de bonheurs secrets, de nostalgies profondes, de souvenirs en camaïeux raffinés, capables de nous restituer par demi-teintes l'infinie complexité du monde.
D'une saison à l'autre, l'auteur éprouve la permanence et l'éphémère de la nature et de la vie humaine. Ces deux sentiments qui occupent ses pensées, se croisent sans cesse, s'éloignent et même parfois coïncident.Les thèmes de cette rêverie sont à la fois universels et ressentis avec beaucoup d'intensité personnelle. C'est la vie, la mort, l'injustice qui règne sur la terre, la misère, la faim, l'amour, la maternité, la séparation. On y sent souvent un accord presque panthéiste avec la nature et le monde.Tout le livre est un effort pour se mettre en accord avec la vie, telle qu'elle est, et jusque dans sa contre-partie qui est la mort :"Arriverai-je un jour, sans effort et sans mensonge, à accepter que la plénitude d'aujourd'hui, le raisin mûrissant, les figues éclatées, l'arbre superbe, les enfants, moi-même, ne soyons qu'un moment?Aucune femme, aucun homme, ne pourra rester insensible au ton d'Anne Philipe posant des questions qui concernent chacun.Anne Philipe a déjà publié aux éditions Gallimard un Gérard Philipe en collaboration avec Claude Roy.
Roman over de verhouding tussen een moeder en haar dochter, die als vriendinnen van gelijke leeftijd met elkaar omgaan.
" La douceur de l'air me fait rêver, à ce qui fut et à ce qui serait si tu étais là. Je sais que cette rêverie n'est qu'une inaptitude à vivre le présent. Je me laisse entraîner par ce courant sans regarder trop loin ou trop profondément. J'attends le moment où je retrouverai la force. Il viendra. Je sais que la vie me passionne encore. Je veux me sauver, non me délivrer de toi. " Dans l'afflux de souvenirs où les heures cruelles qui ont précédé la mort de Gérard Philipe se mêlent aux temps heureux d'avant la maladie, le récit vibrant de tendresse d'Anne Philipe prend l'ampleur d'une méditation sur la mort, sur l'amour, sur le bonheur.


